CSI***** : la leçon d’Ionesco
RIDE de Deauville - 20-23 septembre - (mise en ligne vendredi 4 octobre 2007)
Six épreuves à coefficient et une finale à dix, tel était le contenu de ce jumping trois étoiles
Finale Top RIDE (bar A chrono ss barr 1,55 m) :
1. O. Guillon/Ionesco de Brekka (Dollar du Mûrier) (0 et 50’’32)
2. E. Angot/Ilostra Dark (Palestro II) (0 et 50’’43)
3. M. Fuchs (Sui)/Nirmette KWPN (Ramiro Z) (0 et 51’’20)
4. M. Hécart/Itot du Chateau (Le Tot de Semilly) (0 et 51’’95)
5. T. Stockdale (GB)/Fresh Direct Corlato Holst (Corofino) (0 et 52’’57)
6. L. Diniz (Por)/Suzie Quattro Old (Quattro) (0 et 56’’04)
7. M. Houtzager (Hol)/Opium VS KWPN (Polydor) (0 et 62’’26)
8. F. Angot/First de Launay*HN (Laudanum PS) (4 et 52’’95)
9. F. Sloothaak (All)/Aquino Holst (Acobat II) (8 et 50’’92)
10. J. Epaillard/Icare du Manet (Papillon Rouge) (12 et 52’’59)

Olivier Guillon/Ionesco de Brekka, Philippe Duron et Pierre Leboulanger.
En inversant la tendance du premier jour et en réalisant un triplé dans les trois dernières épreuves pour finalement s’imposer dans la finale Top RIDE, Olivier Guillon et Ionesco de Brekka ont obtenu leur premier grand succès de prestige sur la scène internationale, een y ajoutant la manière. Même si cela ne fait qu’aviver la déception post-Mannhein et Barcelone, la superbe 2e place d’Eugénie Angot et Illostra Dark (qui hésita un temps à se rendre à Deauville) et le joli tir groupé des tricolores (cinq couples parmi les dix retenus en finale) constituent la démonstration éclatante que les talents sont immenses et nombreux et que seule l’absence d’une partition commune nuit à l’exécution de grandes oeuvres…
Lauréat de la première édition du RIDE à Jardy en 2004, Markus Fuchs est parvenu, avec Nirmette, à conserver le 3e accessit, aux dépens d’un Michel Hécart et Itot du Château encore très incisifs. La jolie surprise - mais en est-ce vraiment une - est venue de Luciana Diniz, classée 6e et qui confirme les belles dispositions entrevues à Estoril, La Corogne et Mannheim. Désormais coachée par Jean Maurice Bonneau, la Lusitanienne s’affirme d’ores et déjà comme une valeur montante et l’une des révélations de la saison. Déception en revanche pour Florian Angot et First de Launay*HN, pourtant idéalement placés en pôle position avant le tour final.

Markus Fuchs et Nirmette KWPN.
Les Frenchies assurent
Dimanche matin au paddock, la tension est perceptible, où les calculs le disputaient aux spéculations. Sorti indemne et pour la troisième fois en 24 h en tête de son tour, Olivier Guillon suit assidument les parcours de ses adversaires afin de savoir s’il va finir par rentrer dans ce fichu Top 10, objet de toutes les convoitises. Objectif atteint grâce à une nouvelle victoire conjuguée, avec l’aide involontaire de Mickael Whitaker associé à l’entier Mozart des Hayettes (Papillon Rouge - Nimmerdor KWPN) (12 pts) et surtout celle de Steve Guerdat/Trésor IV (8 pts), leader jusqu’alors et qui rate la dernière marche et reste à la porte. Déception également, même si les affaires étaient déjà très compromises, pour les vainqueurs de la Coupe du Monde, Beat Mändli et Idéo du Thot (Arioso du Theillet), qui font trois petits tours et puis s’en vont. En s’appropriant la moitié des sésames, les Frenchies ont créé la sensation. Les invités surprises ont eux pour nom Luciana Diniz/Suzie Quattro et Marc Houtzager avec le fils de Polydor, Opium VS.
Olivier et Ionesco dans la cour des grands
Le temps de remettre les compteurs à zéro et d’une ‘‘petite finale’’ d’attelage, et le dernier invité de cette finale Top RIDE, Julien Epaillard, s’élance en ouvreur avec Icare du Manet. Le Normand n’est pas du genre à s’amuser en route, mais dès l’oxer 2, le fils de Papillon Rouge est à la faute. Il le sera encore à deux reprises, dont une en sortie du double. C’est à la Lusitanienne Luciana Diniz que revient le privilège de boucler le premier sans-faute. Sa joie et celle de son coach font plaisir à voir, mais il est déjà évident que les 56’’04 réalisés ne seront pas suffisants.
Impression immédiatement confirmée par Tim Stockdale qui boucle sans encombre en améliorant le chrono de plus de trois secondes (52 ‘’57). Markus Fuchs fait encore mieux (51’’20) avec Nirmette, même si le Suisse a été contraint de recaler sérieusement la fille de Ramiro à l’entrée du double. Les choses deviennent sérieuses.
Marc Houtzager opte lui pour la sécurité (62’’26). Ce n’est pas le choix fait par Olivier Guillon et le public frémit quand, sur l’oxer Nesquik, il opte pour une longue. Mais Ionesco a de gros moyens et la prise de risques s’avère des plus payantes : 50’’32.
Ni l’Allemand Franke Sloothaak/Aquino Holst ni même Eugénie Angot et une Ilostra revenue à son meilleur - elle n’a pas touché une seule barre des trois jours - et qui échouent d’un souffle (50’’43), ne feront mieux. Chez les Leboulanger, on se prend à y croire, même s’il reste encore deux sacrés clients…
Michel Hécart et son valeureux Itot bouclent un nouveau sans-faute mais les longues galopades imposées par le tracé ne favorisent pas le ‘‘petit guerrier’’. Florian Angot et First entrent alors en piste avec toute la pression sur les épaules. Trop de pression probablement car moins rapide, le Manchois n’a d’autre alternative que d’opter pour une liaison dangereuse entre l’oxer 4 et le vertical du RIDE que le fils de Laudanum ne parvient pas à complètement effacer.
Daniel Sébire
 |

|
Gille Bertan de Balanda :
le pannée d’affichage en ligne de mire. |
Jean-Maurice Bonneau, satisfait de la perf’
de sa protégée, Luciana Diniz. |
Olivier Guillon : « Sur l’oxer précédant le Nesquik, j’ai perdu un peu le contrôle et donc la distance n’était pas trop bonne. Dans ces cas-là, il faut prendre rapidement sa décision : soit je me rapprochais, quitte à perdre un peu de temps et surtout faire une faute en étant trop près, soit j’optais pour cette longue foulée. Comme Ionesco a des moyens, j’ai choisi cette option. De toute façon, vu les cavaliers qui passaient derrière moi, je n’avais pas trop le choix... »
Eugénie Angot : « J’ai perdu du temps en début de parcours. Après le 3, j’étais plutôt plus rapide. Ilostra a été formidable. Je comptais beaucoup sur elle car je savais que mon jeune cheval risquait de ne pas être compétitif. En fait, j’en avais un pour le bonus et un pour le malus… »
Markus Fuchs : « J’ai voulu couper quelques virages, notamment avant le 5, mais comme Nirmette ne tourne pas très bien à droite, je n’ai pas pu prendre cette option, j’ai donc choisi d’allonger. J’avais une longue distance sur le vertical 5 alors j’ai dû ralentir très fort à l’abord du 6. C’est là que j’ai perdu du temps. Et puis je suis peut-être trop vieux pour aller plus vite ! (sourire) Le RIDE est un bon concept mais les chevaux sont très sollicités et les cavaliers sous pression durant trois jours. Ce n’est pas une formule à généraliser, deux à trois fois par an constitueraient un maximum. Et le coefficient 4 de la sixième épreuve est trop élevé par rapport aux autres. Il y a eu trop de bouleversements immérités, comme Steve Guerdat qui a fait pratiquement tout le RIDE dans les trois premiers et qui a fini 11e dimanche matin. »
Les classements des autres épreuves
Prix Basse-Normandie (bar A chrono ss barr 1,55 m, coeff. 4) :
1. O. Guillon/Ionesco de Brekka (Dollar du Mûrier, 0 et 68’’82)
2. T. Stockdale (GB)/Fresh Direct Corlato Holst (Corofino, 0 et 72’’10)
3. E. Angot/Ilostra Dark (Palestro II, 0 et 73’’99)
4. M. Hécart/Itot du Chateau (Le Tot de Semilly, 0 et 76’’01)
5. R. Whitaker (GB)/Prima Vera KWPN (Concorde, 0 et 77’’75).
Prix Region Haute Normandie (bar C 1,40 m, coeff. 1) :
1. O. Guillon/Kissmi des Nauves (Chenu du Plessis, 44’’99)
2. F. Sloothaak (All)/Legurio Han (Landadel, 45’’11)
3. F. Mathy Jr (Bel)/Undercover Agent BWP (Landetto, 46’’10
4. L. Diniz (Por)/Dover Bras (Folclorico, 46’’28)
5. R. Whitaker (GB)/Rudesk II (46’’31).
Prix France Info (bar A av barr 1,45 m, coeff. 2) :
1. O. Guillon/Ionesco de Brekka (Dollar du Mûrier, 0+0 et 37’’54)
2. T. Anciaume/Lamm de Fetan (Fergar Mail, 0+0 et 39’’10)
3. T. Stocdale (GB)/Fresh Direct Corlato Holst (Corfino, 0+0 et 39’’15)
4. T. Hassman (All)/Laceful Z (Lauriston, 0+0 et 39’’55)
5. R. Breul/Iasco Mouche (Papillon Rouge, 0+0 et 40’’02).
Prix PMU (bar C av barr 1,45 m, coeff. 1) :
1. A. De Ponnat/Jubilee d’Ouilly (Palestro II, 62’’58)
2. F. Sloothaak (All)/Legurio Han (Landadel, 62’’98)
2. F. Angot/Javelot d’Helby (Vas-Y-Donc Longane, 62’’98)
4. M. Hécart/That’s Life Ish (Clover Fields, 63’’34)
5. S. Guerdat/Saranels (64’’58).
Prix Champion (Spéciale bar A ss barr 1,45 m, coeff. 2) :
1. L. Diniz (Por)/Suzie Quattro, 0 et 33’’44)
2. S. Guerdat (Sui)/Tresor IV BWP (Papillon Rouge, 0 et 33’’54)
3. D. Demeersman (Bel)/Tymoon Caloo Meerchi BWP (Skippy II, 0 et 33’’79)
4. F. Angot/First de Launay*HN (Laudanum PS, 0 et 33’’92)
5. Markus Fuchs (Sui)/Nirmette KWPN (Ramiro Z, 0 et 34’’50).
Prix Ouest France (bar A chrono ss barr 1,40 m, coeff. 1) :
1. G. Wathelet (Ukr)/César (0 et 55’’48)
2. J. Epaillard/Lord du Janlie (Brazilia Paluelle, 0 et 56’’86)
3. H. Lundback (Suè)/Erbblume SWB (0 et 56’’89)
4. M. Houtzager (Hol)/Tamino KWPN (Numero Uno, 0 et 57’’29)
5. R. Whitaker (GB)/Rudetsk II (0 et 57’’88).