L'actu
RIDE de Deauville : la Normandie fait son show
19-23 septembre - (mise en ligne vendredi 4 octobre 2007)

CSO (30 engagés) : six qualificatives et une finale à dix
CCE (30 engagés) : dressage (3’), CSO (barème C)
et cross (3 300 m, 5’50)
Attelage (15 engagés) : deux maniabilités et deux marathons


Après une première tentative en 2004 au Haras de Jardy (Hauts-de-Seine) couronnée d’un joli succès d’estime, Amaury Sport Organisation (ASO) a réitéré les Rencontres internationales des disciplines équestres (RIDE) à Deauville dans le cadre somptueux de l’hippodrome de Clairefontaine.
Le concept : construire un évènement haut de gamme, pérenne et grand public autour des trois plus spectaculaires disciplines équestres, CSO, concours complet et attelage à 4. Objectif second : en partenariat avec le Conseil régional de Basse-Normandie et avec l’appui du Conseil régional de Haute-Normandie, renforcer la candidature normande à l’organisation des Jeux équestres mondiaux de 2014.
Maître d’œuvre du Tour de France, du Dakar, du Marathon de Paris ou encore de l’Open de France Golf, ASO devait ainsi moderniser le format traditionnel de ces épreuves, souvent cataloguées comme non télégéniques par les gourous du domaine, pour rendre le spectacle accessible et captivant pour le grand public. Les ingrédients de cette cure : diminution de la durée des épreuves, limitation du nombre de participants, recherche d’éléments générateurs de suspens et dotations pour le moins alléchantes. En CSO par exemple, 170 000 € ont été distribués sur les six épreuves qualificatives et 180 000 sur la finale Top RIDE dont 60 000 € pour le vainqueur. En complet et en attelage, les dotations globales étaient de 80 000 et 50 000 €.
Les 30 cavaliers engagés dans le jumping, les 30 autres du complet et les 15 meneurs étaient donc avertis : il allaient vivre quatre jours à un rythme d’enfer !

En CSO, les cavaliers étaient autorisés à utiliser trois chevaux répartis entre les six épreuves des trois premiers jours, affectées de coefficients différents et comptant pour le classement mondial FEI. L’objectif était de faire partie des dix couples autorisés à participer la finale Top RIDE du dimanche après-midi, sorte de tie-break avec remise à zéro les compteurs.
En complet, la reprise de dressage était réduite à trois minutes (sept minutes traditionnellement) et précédait une épreuve de CSO davantage sélective et se disputant au barème C. Dans le cross, les concurrents, privés de chrono au poignet, voyaient leurs pénalités comptabilisées en temps et non en points et lourdement sanctionnées.
En attelage, recherche du spectaculaire également car les meneurs ont dû faire leur deuil de l’épreuve de dressage au profit de deux marathons, dont un départ arrêté avec un seul objectif : la vitesse.

A l’issue de cette première édition normande, les organisateurs affichaient une satisfaction légitime mais force est de constater que l’ensemble paraît encore perfectible et que la marche semble encore haute pour prétendre rivaliser avec les cinq étoiles français et, qui plus est, européens.
En terme de plateau tout d’abord. Certes les engagés appartiennent à l’élite mondiale et le spectacle fut de grande qualité. Mais si l’on excepte l’attelage où s’est affrontée la crème mondiale, en CSO seuls quatre cavaliers appartiennent au Top 20 mondial, et deux en complet. La faute probablement à une programmation coincée juste après des échéances majeures et en concurrence directe avec l’étape italienne du Global Champion Tour (Arezzo).
Sur le plan de la fréquentation ensuite. Si les 16 000 spectateurs recensés constituent un encouragement, ils correspondent en fait à peine à la fréquentation moyenne du dernier jour d’un cinq étoiles de la Samsung Super League.
Signalons enfin la qualité de la piste, unanimement saluée par les participants. A contrario, concernant les transports (navettes) et la restauration, la logistique s’est avérée inadaptée et sous-dimensionnée aux moments d’affluence.
Des pistes de travail donc, mais également de nombreux motifs de satisfaction qui constituent autant de points d’appui pour la prochaine édition.

Daniel Sébire