L'actu
Super League : le Polo Club, de l’ombre au soleil
Barcelone - 13-16 septembre - (mise en ligne vendredi 21 septembre 2007)

La finale de la Super League à Barcelone, pourquoi pas ? Mais les organisateurs devraient songer peut-être à améliorer voir modifier certaines choses pour le moins surprenantes pour un tel événement.
Quand on a vécu Mannheim, avec une organisation parfaite tant dans le déroulement des épreuves que dans le suivi des chevaux, des cavaliers et de leurs grooms, on a un peu du mal à comprendre le système espagnol.
Certes nous sommes dans un pays latin où la douceur de vivre est à l’image de la météo. Mais n’oublions pas qu’outre le spectacle et les retombées économiques d’un tel événement, il y a avant tout une compétition sportive dans laquelle les cavaliers et les chevaux doivent être au mieux de leur forme.
Pour cela, chacun admettra qu’il faut un minimum de confort et de suivi pour ne pas altérer les performances. Encore une fois, nous n’allons pas chercher des excuses sur nos résultats car toutes les équipes étaient logées à la même enseigne. Mais cela pourrait tout de même avoir une influence sur certaines de nos prestations.
La finale a lieu le dimanche après-midi à partir de 15h30, quand le soleil est au zénith, par une température avoisinant les 35°. Le terrain de détente est en plein soleil, pas un parasol ni même un palmier pour procurer un brin d’ombre aux chevaux avant de rentrer en piste, elle aussi en pleine exposition.
Pas de point d’eau à proximité immédiate mais une buvette payante pour les cavaliers ! Des tribunes découvertes plein sud pour le grand public venu malgré tout très nombreux et essayant de se rafraîchir tant bien que mal avec leurs programmes en guise d’éventail.
Nous sommes sur le site du Polo Club de Barcelone qui a accueilli les Jeux olympiques. Mais les somptueuses écuries climatisées conçues à l’époque servent aujourd’hui aux propriétaires privés. Aucune disposition n’ayant été prise, les chevaux de Grand Prix n’ont reçu que des boxes démontables dans un endroit qui ressemblerait plus à un garage souterrain qu’à une écurie.
Dommage aussi pour les grooms, pour qui rien de particulier n’était prévu et qui devaient faire plus de deux kilomètres à pied entre chaque épreuve pour rejoindre les pistes, cramponner vite fait aux abords du terrain car celui-ci était en herbe alors que le trajet se faisait sur un chemin sinueux tantôt en sable tantôt en macadam. Le pied !
Ne parlons pas du service média aux confins de l’événement et des conférences de presse en esperanto (avec le mélange anglais espagnol allemand en traduction simultanée, tout le monde y perd son latin).
Pourquoi ne pas instaurer une sorte de charte de qualité et de services ? Faire par exemple la finale dans le pays qui a gagné l’année précédente, à l’image d’autres sports tel que le foot ou le rugby, afin d’apporter plus de soutien et d’intérêt pour le grand public autour d’un événement qui reste à n’en pas douter un grand concours dans le calendrier mondial. En témoigne l’intérêt qu’y portent les Etats-Unis, qui n’ont pas lésiné sur les moyens (1 million de dollars) pour soutenir les cavaliers dans leurs investissements et leurs participations aux épreuves de la Coupe des Nations.
Remercier néanmoins les sponsors tel que Samsung qui soutient la Super League. Sans eux, l’équitation végèterait encore plus bas dans les grilles de programmations télévisées. Mais pour que la fête soit réussie, il faut aussi préserver au mieux les chevaux, ces sportifs qui assurent le spectacle.

Christian Gerhard