Le sBs vu par les Français
vendredi 22 juin 2007

Yves Chauvin, Marcel Van Dyck et Henri Brugier à Compiègne.
« Je trouve que le sBs a un fonctionnement plus
à la Française que les autres stud-books belges, raconte
Maximilien Lemercier, le cavalier de Némo du Marais. Le BWP a
beaucoup de sang allemand et néerlandais, des chevaux qui demandent
souvent plus de travail que les chevaux sBs. » Maximilien vient
d’ailleurs de faire naître cette année une pouliche
de Nautilud avec sa jument BWP Ultra secret Wonderland.
Marcel Rozier, ancien cavalier international champion olympique par
équipe à Montréal en 1976 et actuellement organisateur
des ventes aux enchères Fences, n’attache pas d’importance
aux stud-books mais trouve cependant que « le sBs doit faire attention
à ne pas approuver trop vite ses étalons et attendre d’abord
les résultats. Par contre, je trouve qu’ils ont su faire
les bons mélanges. Ils ont une très bonne jumenterie car
ils ont su apporter du sang français qui correspondait bien à
leurs juments. Malheureusement en France nous sommes entrain de faire
tout le contraire en mettant des chevaux étrangers lourds sur
nos juments légères qui ne sont pas faites pour ça.
De plus, nos cavaliers français ne sont pas formés pour
monter ce genre de chevaux car nous avons l’habitude de monter
en avant, contrairement aux Allemands par exemple. »
Yves Chauvin, le récent président de l’ANSF, était
présent aux sélections de Gesves cette année. «
J’ai trouvé que c’était très bien organisé,
professionnel, dans des installations sobres avec une ambiance chaleureuse.
Nous avons des leçons à prendre sur la présentation
des chevaux. Ils étaient tous très bien préparés,
mais un peu trop à mon goût. Je suis venu visiter le sBs
il y a vingt ans. A l’époque la présentation de
leurs chevaux se passait dans différents lieux. J’ai donc
pu voir l’évolution de ce stud-book et je trouve qu’aujourd’hui,
quelques éleveurs effectuent de bons croisements comme Raymond
Lefèvre ou M. Boudrenghein qui présentait un très
bon Clinton. Ces éleveurs et quelques autres tiennent le haut
du panier. » Yves Chauvin a apprécié les produits
d’Ogano Sitte et de Cashmire. « Les Belges croisent avec
des Selle Etranger depuis longtemps. Ils ont donc plus de recul que
nous car ils sont ouverts depuis plus longtemps. Mais malgré
cette ouverture, ils sont restés très marqués par
le SF » conclut-il fièrement.
Henry Burgier, l’éleveur d’Apache d’Adriers
et proche collaborateur d’Yves Chauvin, utilise quelques étalons
sBs et BWP, comme Wander Missepaeler par exemple. « Je trouve
que le BWP est un peu plus rigoureux que le sBs au niveau ostéo-articulaire.
Je vais régulièrement au Championnat du monde de Lanaken
car c’est une bonne façon d’avoir une vision globale
de la production des étalons européens, ce qui me permet
d’avoir un peu d’avance. Les éleveurs français
et européens se fient trop aux performances sportives des chevaux
et ne sont pas suffisamment attentifs à la production des jeunes
étalons. Le Blup en France est une bonne chose, mais il est très
mal utilisé. On doit attendre de voir comment un cheval produit
avant de l’utilisé à outrance. Il ne faut pas labelliser
un cheval Elite si on ne sait pas ce qu’il produit. »
Au niveau des défauts de la Belgique, Henry Brugier trouve qu’il
y a un manque de rigueur et pas assez de cycle pour les jeunes chevaux.
« Par contre leurs chevaux sont plus commerciaux et mieux en place
que les nôtres, cela est dû en partie au facteur climatique
car ils travaillent beaucoup en manège. »
Rodolphe Bonnet du Haras du Bois Margot a lui aussi quelques idées
sur la Belgique : « Je connais bien le stud-book Z car je vais
souvent à Lanaken. Mais je ne distingue pas très bien
les autres stud-books belges. Cependant je vais aller l’an prochain
sur les différentes approbations. L’image du sBs est pour
moi, un stud-book qui croise des performers avec des performers. Le
sBs s’attache moins au modèle et à la locomotion
mais beaucoup plus à la façon de sauter. Je pense que
le plus important pour eux, c’est de produire des sauteurs. »
Rodolphe Bonnet trouve aussi que la Belgique dispose de très
bons cavaliers même si certains courent maintenant sous d’autres
couleurs nationales. « Les cavaliers sont habitués à
courir au chrono en indoor, ils sont donc tous très rapides.
Si les éleveurs belges viennent beaucoup en France avec leurs
jeunes chevaux, c’est parce que nous disposons de grands terrains
en herbe, comme Compiègne par exemple. » Rodolphe entretient
beaucoup de contact avec Aimé Malfot qui a une très bonne
jument, Euclase (Quidam). Le Haras du Bois Margot a approuvé
trois de ses étalons au stud-book Z : Quaprice du Bois Margot,
L’Arc de Triomphe, Champ Elysée et Label d’Or, un
Elf d’or très chic.
Jennifer Decamp