Ostéopathie : quoi de neuf docteur ?
(mise en ligne lundi 25 juin 2007)

Dr Frank de Craene : « L’ostéopathie recherche et essaye
de résoudre la perte de mouvement d’une articulation ».
Les ostéopathes, élèves de la
réalité et non maîtres des illusions
« L’inconnu fait peur et crée des mésententes.
Moi j’essaie de sortir cette médecine ou au moins une partie
d’un certain obscurantisme », explique Frank de Craene,
responsable de la commission des médecines non conventionnelles
de l’Association vétérinaire équine française
(Avef). En France, seuls les docteurs vétérinaires sont
habilités à exercer différentes médecines
sur les animaux, dont l’ostéopathie.
Pour mieux comprendre cette médecine manipulative, il faut mieux
la définir. « L’ostéopathie recherche et essaye
de résoudre les dysfonctions ostéopathiques qui sont une
perte de mouvement d’une articulation. Il ne s’agit donc
pas seulement des structures du squelette mais aussi des membranes,
fascia (membrane fibreuse qui recouvre ou enveloppe une structure anatomique),
muscles, etc. Ces dysfonctions sont fonctionnelles et réversibles.
»
Beaucoup de malentendus découlent de la confusion
entre dysfonction et lésion. Une lésion est une altération
de la structure et des tissus. Par exemple, un kyste osseux est une
lésion et peut perturber une articulation. L’ostéopathe
peut aider le cheval à mieux gérer les dysfonctions liées
à cette lésion; le traitement d’un kyste par lui-même
relève d’un autre aspect de la médecine vétérinaire.
Deux formes de dysfonctions ostéopathiques existent
:
- les primaires, souvent dues à une contracture musculaire après
un traumatisme : un lumbago, un torticoli, le cheval tire au renard
et se bloque l’occiput C1...
- les secondaires, adaptives à une lésion : un abcès,
une tendinite, une douleur viscérale ou autre. Cette dysfonction
ostéopathique vise à soulager le corps de cette lésion.
L’ostéopathie aide le corps à gérer ou guérir
ses problèmes. Pour citer le docteur Giniaux : « La bonne
santé n’est pas de ne rien avoir, mais de s’entendre
avec ce que l’on a ».
Un référentiel bientôt disponible
C’est une grande première : un référentiel
d’ostéopathie vétérinaire pour tous les animaux
est en cours d’élaboration depuis deux ans, afin de préserver
la qualité des soins et la santé des animaux. Sorte de
cahier des charges, ce référentiel fait collaborer les
Ecoles nationales vétérinaires, les Ecoles privées
d’ostéopathie vétérinaire et différents
organismes dont l’Ordre des vétérinaires, le Syndicat
des vétérinaires et l’Avef. Ce référentiel
devrait aboutir plus tard sur une formation diplômante reconnue
par la profession.
« Les gens sont impatients, mais nous nous imposons dans cette
évolution une rigueur et un respect de la législation,
commente Frank de Craene. Chi va piano va sano, il est toujours judicieux
d’échauffer son cheval au pas avant de partir au galop...
»
Pour le moment, propriétaires, cavaliers et entraîneurs
peuvent trouver les listes des vétérinaires pratiquant
l’ostéopathie sur le site internet de l’Avef et sur
celui de Vétosteo. « Ces listes sont un outil d’information.
Nous nous interdisons de faire de la publicité, comme certains
organismes et individus qui font plutôt de ‘‘l’europathie’’
que de la médecine... »
La situation en France
L’Ecole vétérinaire de Nantes propose
une formation vétérinaire ostéopathique pour tous
les animaux, une promotion a déjà été formée.
L’ENV de Lyon dispose d’une unité de physiothérapie,
rééducation et ostéopathie. Un groupe de recherche
de rééducation des équidés de sport est
d’ailleurs en train de se mettre en place.
Deux écoles vétérinaires privées
enseignent aussi l’ostéopathie sous forme de modules très
complets : l’Institut des médecines alternatives et ostéopathie
vétérinaire (IMAOV) et l’Académie vétérinaire
d’acupuncture et d’ostéopathie (AVETAO).
« Nous mettons en garde les propriétaires,
cavaliers et entraîneurs de chevaux contre certaines écoles
non vétérinaires et leurs élèves qui pour
le moment exercent illégalement en France, poursuit Frank de
Craene. Ces écoles, françaises ou étrangères,
omettent souvent de spécifier à leurs élèves
qu’en fin de leurs études (chères), ils n’ont
pas le droit de pratiquer en France ! Tout ceci paraît peut-être
très contraignant, mais nous voulons donner une réponse
honnête et sincère aux problèmes que le cheval pourrait
avoir. De plus, il ne s’agit pas uniquement de législation
mais d’un moyen de protéger l’animal contre des abus
de personnes malveillantes ou bienveillantes mais incompétentes.
»
Un exemple concret : cette soi-disante manipulation au
niveau d’un membre antérieur d’un poulain qui a transformé
une fracture sans déplacement en fracture ouverte. Le poulain
a dû être euthanasié. ‘‘Primum non nocere’’
signifie en latin ‘‘D’abord ne pas nuire’’.
C’est la règle de base de toute médecine.
Jennifer Decamp
Informations complémentaires sur www.imaov.com,
www.avetao.com, www.vet-avef.com et www.vetosteo.fr.