L'actu
Calèche interdite dans Paris
vendredi 11 mai 2007

De la Tour Eiffel à l’Hôtel de Ville en passant par la Place Beauvau, le patron d’une calèche pour touristes a traversé Paris la semaine dernière pour demander la levée de l’interdiction d’exercer qui lui a été notifiée par la police.
Tirée par Pride, un hongre noir de 6 ans de type Shire (le plus grand cheval du monde), la calèche - un élégant vis-à-vis à double capote pouvant emporter quatre passagers - a traversé les beaux quartiers de Paris au petit trot. Au bruit de ses sabots (de la taille d’assiettes à soupe), petits et grands, Parisiens et touristes lèvent la tête pour admirer Pride, ses 950 kg et son 1,85 m au garrot, qui traverse le pont Alexandre III.
Quelques minutes plus tard, la calèche, menée par Philippe Delon, 43 ans, patron de ‘‘Paris Calèches, service hippomobile de promenade’’, effectue un virage impeccable devant les grilles du ministère de l’Intérieur, sous les regards interloqués du policier et du gendarme en faction.
Philippe Delon explique alors les raisons de sa visite : « Mercredi, le commissariat du VIIe arrondissement m’a notifié une interdiction de stationner au bas de la Tour Eiffel, ce qui m’interdit de fait de travailler alors que j’ai déjà transporté en quatre mois sans aucun problème un millier de touristes autour du Champ de Mars. »
Quarante ans après la disparition des dernières calèches dans la capitale, Philippe Delon relance à la veille de Noël 2006 les promenades en calèche comme à Florence, Rome, Vienne, Montréal ou New-York. Pour 50 € (70 avec le champagne), il promène des touristes d’abord le week-end, puis en semaine. Très vite, il songe à faire souffler Lucky, un percheron canadien de 4 ans, premier à tirer la calèche. Il va acheter en Grande-Bretagne son Shire Pride et envisage de mettre en service un landau (huit passagers) tiré par deux chevaux.
Mais ce mercredi, c’est la douche froide : « Cette interdiction signifie la fin de mon entreprise. J’ai un employé à payer, Kevin, 21 ans, Pride et Lucky à nourrir, je ne peux me permettre d’arrêter ».
Après avoir pris rendez-vous avec un conseiller technique du ministre de l’Intérieur pour le jeudi 10 mai, Philippe Delon est allé plaider sa cause à la Marie de Paris où il a été reçu par des conseillers du maire Bertrand Delanoë et de l’une de ses adjointes Lyne Cohen-Solal.
Remettre des chevaux dans Paris, ce n’est pas gagné. On se souvient que l’année dernière Jean-Louis Gouraud et Jean de Chatillon avaient fait défiler dans Paris une escouade d’amazones pour réhabiliter le cheval au sein de la plus belle ville du monde, à l’instar de ce qui se fait dans les autres capitales européennes.
Sarko devrait pouvoir arranger cela...